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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/584

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LES APHRODITES


chanteurs, bien gravés dans ma vive imagination d’après ta pâle image, m’avaient d’avance inspiré le caprice le mieux conditionné. Je comptais bien t’écrèmer aussitôt que la marche de notre projet te mettrait en mon pouvoir.

À travers cette galante déclaration, les lèvres de la comtesse se sont si bien rapprochées de celles de Zéphirine que l’aimant des deux bouches les a soudain unies par un fougueux baiser. Cependant Zéphirine n’a pas décidément le goût des femmes ; mais on la désire, on l’a louée, et l’être séduisant qui répand ainsi sur elle le doux poison de la séduction est cette même femme qui lui prépare une infinité de bonheurs… Zéphirine est émue et s’enflamme d’un feu d’autant plus vif qu’il est nouveau pour elle. Ce feu, l’experte comtesse vient de l’allumer à la fois partout, ayant détourné d’abord, avec toute la délicatesse d’un respectueux amant, la triple gaze d’un fichu, en chatouillant d’un tact léger comme le pas d’une mouche les sommets irritables de deux montagnes dont le lait a converti en dureté la consistance ci-devant élastique.