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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/580

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LES APHRODITES


dissipé le reste de nos ressources, un beau jour me laissa sans un écu, devant à tout le quartier, sur la paille en un mot…

La Comtesse. — Cette chère enfant !

Zéphirine. — J’y serais morte sans doute au moment de mes couches, sans la faveur du ciel (À madame Durut), qui vous fit apparaître l’autre jour dans mon obscur taudis… (Elle fait un mouvement pour saisir et porter à sa bouche la main de madame Durut, qui la retire vite et donne à sa protégée un baiser.)

La Comtesse (à part). — Elle me fend le cœur. Avoue, Durut, que les femmes sont bien payées pour s’attacher à ces animaux d’hommes ! (À Zéphirine.) Car tu aimais sans doute ?…

Zéphirine. — C’est tout au plus si je suis radicalement guérie d’une passion qui me livrait à mon propre mépris…

La Comtesse (la caressant). — Va, va, mon ange, nous t’apprendrons à chasser l’amour (Elle lui met la main sur le cœur.) de là. Il n’est de saison qu’en deux endroits : ici… (Lui touchant le front.) pour le gouverner habilement, et là, pour avoir du plai-