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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/564

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LES APHRODITES

Sir Henry. — Je m’y perds. Si un Anglais pouvait se résoudre à croire quelque chose qu’il ne comprend pas…

Célestine. — Voyez donc le beau raisonnement ! comme si un Anglais avait plus de bon sens que nous ! Mais parlons d’autre chose. Je venais savoir si rien vous manque dans votre logement ?

Sir Henry (rêveur). — Rien du tout.

Célestine. — Êtes-vous bien servi ? la chère, le vin, tout cela est-il de votre goût ?

Sir Henry. — Je suis on ne peut mieux.

Célestine. — Laquelle des petites voulez-vous aujourd’hui ?

Sir Henry. — Cela m’est parfaitement égal.

Célestine. — Mais enfin ; une mine peut intéresser davantage, une main avoir plus de moelleux, être plus douce…

Sir Henry. — Figurez-vous bien, belle Célestine, que je n’ai pas encore fait attention un seul instant à tout cela. Les jolies poupées viendraient ici pendant un an, sans que je connusse leur visage. On entre, on fait son petit service ; moi, l’âme et les yeux sur l’idole chérie…