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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/556

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LES APHRODITES


Songez que si je vous le confie et qu’il vous arrive de le trahir, vous vous perdez d’abord,… mais qu’ensuite vous me faites à moi-même beaucoup de mal.

Sir Henry. — Eh bien ! n’y eût-il que cette considération sacrée pour un galant homme…

La Comtesse. — Écoutez-moi. (De l’air le plus mystérieux.) Il est impossible que vous n’ayez entendu parler du fameux comte de Saint-Germain ?

Sir Henry. — Du ministre ?

La Comtesse. — Eh non ! a-t-il été fameux ? Depuis lui, combien de ministres fameux, si pour l’être il ne fallait qu’avoir fait des sottises[1] ! Je vous parle du vraiment illustre, de l’adepte !

Sir Henry. — J’ai bien ouï parler de ce personnage, mais j’avoue ne l’avoir jamais jugé que comme un adroit charlatan…

  1. La petite comtesse était aussi brouillée avec le renom de l’illustre réformateur parce que, pour la plus grande gloire du royaume, il avait fait, en supprimant la maison du roi, le malheur d’une cinquantaine d’individus que cette dame avait alors sur sa liste favorite. Mais un grand homme n’y regarde pas de si près, quand il est sûr de faire le bien.