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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/537

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QUEL POT-POURRI !


le cas de faire un voyage à peu près secret en Écosse, et duquel il ne pouvait mettre ni la maîtresse, ni l’ami. La première saisit cet instant pour commencer d’être libre. Elle feignit une maladie ; au bout de huit jours, on parla de sa mort. Sur ces entrefaites, le baronet, par les soins du secrétaire, apprit à la fois l’un et l’autre accident, mais avec les funestes nouvelles était parti ce lénitif : sachant, disait-il, à quel point la belle Zéphirine était adorée de son bienfaiteur, il avait pris sur lui de la faire embaumer. À l’appui de cette imposture, un rival de Curtius[1], bien payé pour le secret, avait exécuté la parfaite ressemblance de la fausse morte, en cire, mais les yeux fermés, décolorée ; en un mot, comme on est quand on n’est plus. Un mannequin galamment costumé complétait l’illusion. Le tout était renfermé dans une caisse de bois précieux et sous un premier couvercle de glace, couvercle que, sous aucun prétexte, il ne fallait ouvrir, la conservation de l’adorable momie dépendant absolument du soin de

  1. Du sieur Curtius, qui réunit chez lui si brillante et si belle compagnie de mannequins.