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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/534

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LES APHRODITES

Le Marquis (ironiquement). — Assurément, de votre bon vin de la Côte, avec une de vos excellentes tartes de prunes, voilà de quoi régaler le Grand Mogol… et puis le ranz des vaches pendant la collation, car il faut de la musique. Sans musique, point de festin. À propos, Durut, pourquoi ne nous as-tu pas donné tes musiciens ?

La Durut. — Ils sont dans ce moment à renforcer d’une lugubre harmonie la tristesse d’un de mes solitaires… Il faut, parbleu ! que je vous conte l’aventure en quatre mots… Quand je dis quatre… et plus.

La Comtesse. — Conte, conte-nous cela, Durut.

La Durut. — Un Anglais opulent, voyageant en France, s’était épris d’une fille de bourgeois, superbe mais tant soit peu coquine, de Marseille. Celle-ci, bien plus touchée des guinées que des grands sentiments dont l’ardent Crésus était également prodigue, l’écouta, le rendit heureux et consentit à lui appartenir. Mais se préparant à le suivre, elle trouva moyen de lui faire agréer, en qualité de secrétaire, un prétendu cousin qui n’était que le plus vigoureux