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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/52

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LES APHRODITES


duchesse extravague : exiger de moi, dans ma position[1], des entrevues de jour, c’est manquer totalement de bon sens.

Madame Durut. — Vous savez que, la nuit, elle ne peut ni sortir, ni vous recevoir chez elle.

Le Comte. — Jeter ensuite feu et flamme, parce que je ne suis pas à la minute au rendez-vous où elle n’a rien de mieux à faire que de se trouver même avant l’heure, c’est me tyranniser !

Madame Durut (ironiquement). — Je vous conseille de vous plaindre.

Le Comte. — Où est-elle, enfin ?

Madame Durut. — Au bain.

Le Comte. — Je vole auprès d’elle…

Madame Durut. — Non pas, s’il vous plaît. (On devine la véritable raison de madame Durut. Voici ce qu’elle donne :)

  1. Membre de cette fameuse Assemblée qui s’est orgueilleusement chargée d’une besogne fort au-dessus de ses forces, le comte est tellement indifférent pour la chose publique, qu’il n’a pas été tenté un seul moment de jouer un rôle. Borné d’ailleurs (moins faute de quelque esprit que faute d’instruction), il a vainement été frappé sans cesse : jamais il n’est jailli de lui la moindre étincelle. Par ton, pourtant, il est du côté droit ; au surplus homme à femmes, et même libertin ; car enfin il faut bien être quelque chose !