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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/513

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IL N’Y A PLUS D’ENFANTS.

La Durut. — C’est du réparé : j’ai déjà placé quatre fois son imberbe pucelage…

Le Marquis. — Ah, Durut, tu te mêles aussi de tricher ! N’as-tu pas de honte ?

La Durut. — Les temps sont durs, il faut de l’entregent pour se tirer d’affaire…

Le Marquis. — Mais la bonne foi ?

La Durut. — Je n’en dois qu’aux frères. Aussi vois-tu que je ne veux pas t’attraper. Je réserve ma Dolente pour un fin Anglais, qui se prétend connaisseur, et à qui je veux faire payer cher l’indéchiffrable vertu d’une petite gueuse qui le trompera d’autant mieux, que, sur l’étiquette du sac, il la prendra pour un de ces modèles d’après lesquels peignent les romanciers de Londres. Moitié naturel, moitié talent, mon ingénue duperait Satan lui-même, tout rusé qu’il est… (Voyant le marquis occupé d’un portrait.) Ce que tu considères là est ton fait.

Le Marquis. — J’allais te consulter.

La Durut. — Mademoiselle Violette n’a que treize ans, mais si je ne l’avais pas muselée, depuis longtemps son affaire serait faite. Il n’y a pas de camillon, de jardinier, et même de marmiton, qu’elle