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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/48

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LES APHRODITES


suis grosse de ta façon, vil petit bourgeois, tu m’auras assassinée, car je me brûlerai la cervelle !

Sans doute le lecteur ne s’attendait pas à ce dénoûment, qui n’est du tout analogue à l’imbroglio de la scène ! Il faut le mettre au fait. La duchesse, par un de ces travers dont rien ne peut rendre compte, a conservé de son origine allemande et de l’éducation qu’elle a reçue le préjugé de croire qu’une femme de haut rang se doit de ne mettre au monde que de vrais gentilshommes. En conséquence, mariée depuis trois ans, il lui est assez égal que les enfants qu’elle pourra donner à son époux soient de lui ou du plus fécond des aide-maris qu’elle favorise : le point essentiel est qu’aucun levain roturier ne puisse fermenter dans ses nobles entrailles ; elle a donc fait et tenu jusqu’alors le serment de ne se livrer selon la nature qu’à des nobles. Or, elle est persuadée dans cette occurrence que le bel Alfonse est le neveu d’une femme dont la naissance est non-seulement obscure, mais abjecte. Elle a du caractère, nous l’avons dit en traçant