Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/473

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
99
L’AMITIÉ À L’ÉPREUVE.

À mesure que Fringante s’empassionne, Célestine redouble d’ardeur. On entend celle-ci murmurer, dans son attitude si propre à étouffer la voix, de ces mots fous qui décèlent qu’en donnant du plaisir elle en goûte infiniment.

Fringante (ressuscitant). — Quelle folie !

Célestine (se rinçant la bouche). — On sait du moins à quoi s’en tenir.

Fringante. — Si j’avais été méchante, j’aurais eu bientôt fait de rabattre ce beau transport.

Célestine. — Comment cela ?

Fringante. — Je t’aurais dit qu’un moment avant de venir ici Trottignac, par un coup bien tapé, m’avait fait à la volée ses adieux dans le corridor. Mais rassure-toi : la plus ample toilette a passé l’éponge sur cet impromptu.

Célestine. — N’importe ! si je m’en étais doutée… Mais tu badines ? Tout de bon, il te l’a mis ?

Fringante. — Tout à l’heure ; dur comme fer, chaud comme braise.

Célestine. — Tu me désoles !

Fringante. — C’est pourtant quelque