Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/472

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
98
LES APHRODITES

Célestine (d’un ton badin). — Vous êtes charmante ! Crois-tu donc, mademoiselle, qu’à t’amuser avec moi ce soit la tirer aux moineaux ? Je suis ta dupe, Fringante, tu ne m’aimes pas autant que je t’aime.

Fringante. — Vous êtes une ingrate, Célestine ; tu dois être bien intimement convaincue de ma tendresse pour toi… Cependant, si pour t’en assurer mieux il faut te laisser prendre la petite peine que je voulais l’épargner…

Célestine. — Comme ce compliment est tourné ! C’est donc une petite peine que mademoiselle vient d’avoir à l’instant ? (En parlant, elle a troussé Fringante.)

Fringante. — Il est plus aisé de céder que de te faire entendre raison[1].

Elle se résigne. Célestine, au lieu de se borner à rendre le doigt de cour, renverse pétulamment Fringante et la glottine avec une tendre fureur.

Fringante. — Tiens, tiens,… délicieuse coquine !… pour le coup… tu ne douteras pas… (Elle n’a pas la force d’achever.)

  1. C’est ce que pensent les trois quarts des femmes (avec bien du bon sens) quand on les a tourmentées pour choses qui d’ailleurs ont de quoi les amuser.