Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/47

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
35
TANT PIS, TANT MIEUX.


elle semble redouter l’atteinte décisive, essaye-t-elle, par un jeu d’une vivacité proportionnée à l’extrémité de la circonstance, de tromper les vues du chevalier ; il sait se dérober à la main experte qui s’abaisse à le travailler, il se rend maître de tout ce qui peut s’opposer à la vraie consommation de l’holocauste. Bref, la duchesse est… violée. La loi d’une guerre de siége est que le vainqueur ne fasse aucun quartier quand la place succombe à l’assaut ; aussi notre adorable conquérant fait des siennes à toute outrance, darde sa rosée de vie sans le moindre ménagement. Le peu de part que semble prendre l’assiégée à la joie de ce triomphe ne veut pas dire qu’elle y soit tout à fait insensible. Elle a goûté, peut-être en dépit d’elle-même, le plus vif des plaisirs ; mais à peine cet orage de bonheur a-t-il fini pour elle, qu’elle laisse échapper de désobligeantes expressions de repentir et de ressentiment. Nous n’en rapporterons que ce qui est indispensablement nécessaire à la solution de l’énigme.

— Monstre ! dit-elle dans un délire de fureur, tu te crois heureux ? Eh bien ! si je