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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/46

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LES APHRODITES

La Duchesse (presque hors d’elle-même.) — C’est… c’est assez ! (Le chevalier va s’élancer dans la baignoire, elle le retient.) Non, non, rhabillez-vous, bel Alfonse ; je ne soutiendrais pas jusqu’au bout l’épreuve dangereuse que j’ai eu la témérité de tenter… Je suis une insensée : quittons-nous !

Le chevalier est à ses pieds, la serrant à cru contre lui, car le fripon a su profiter d’un moment où le peignoir s’est entr’ouvert, et ses bras brûlants enlacent les plus belles fesses de la cour. Sa bouche est à la hauteur du nombril ; d’un mouvement respectueux en apparence, il l’abaisse sur la brune tapisserie du salon des plaisirs.

— Ah ! que je mérite bien ce qui m’arrive ! s’écrie la duchesse.

Le chevalier, qui depuis longtemps a vu ouverte la porte d’une pièce contiguë dans laquelle est un lit, soulève légèrement la duchesse et la porte sur cet autel. Elle se défend avec un courage opiniâtre du sacrifice qu’il s’agit de lui arracher. Cette résistence paraît au chevalier d’un ridicule qu’il ne se croit point fait pour respecter. En vain la duchesse, qui s’est saisie du trait dont