Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/453

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
79
PASSE POUR CEUX-CI !


et qu’avec la même passion il n’en fasse autant au petit languayeur[1].

Célestine. — N’est-ce pas qu’il est charmant ?

Le Vicomte (avec transport). — Incroyable ! Il surpasse encore ce fripon de portrait qui, toute la nuit, ne m’a pas permis de fermer l’œil.

Culigny se jette sur la duchesse, et attire sur l’un de ses genoux Célestine, sur l’autre le charmant camillon[2]. Il leur partage avec autant de grâce que de vivacité mille tendresses, mille baisers, mille éloges. Bientôt, à travers de menus propos qui n’ont rien d’assez intéressant pour qu’on les cite, un groupe se compose. Célestine, étendue enfin sur la duchesse, reçoit dans ses bras le fortuné Belamour, tandis que le vicomte, avec toute l’ardeur de son goût socratique, devient le Jupiter du plus désirable Ganymède. Ce n’est pas dans le raccourci des objets réels, mais dans la glace, qui les répète

  1. On ne saurait assez enrichir la stérile nomenclature de l’art du plaisir.
  2. Camillon, synonyme de servant ; on l’a déjà dit quelque part.