Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/451

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
77
PASSE POUR CEUX-CI !


les truffes d’Adonis[1] qui décorent le pied de cet arbuste. Mais elle a grand soin, à ce jeu, de ne pas pousser avec Belamour les choses aussi loin qu’il s’en pique avec elle. Il convient que le jouvenceau, destiné et de service, ne perde rien de ses moyens. Célestine, au contraire, verse libéralement cette rosée de vie que les gens qu’elle dégoûte ne sont pas dignes qu’on répande pour eux, mais que savourent comme un nectar ces élus fervents à qui la reconnaissante Vénus fait trouver de tant de façons les cieux sur la terre. C’est lorsqu’il finit cette pieuse manière de lui sacrifier que survient le vicomte.

  1. On connaît sans doute la fable ingénieuse dont voici l’extrait en deux lignes : “ Vénus, au désespoir, enterre le plus précieux fragment de son cher Adonis au pied d’un cerisier. „ De là les truffes et leur stimulante propriété ; de là cette forme intéressante et fidèle de la cerise, fruit charmant que j’ai vu plusieurs de nos jolies naturalistes ne pouvoir porter à la bouche, les unes sans sourire, les autres sans rougir…
    (Le Rédacteur.)