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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/45

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TANT PIS, TANT MIEUX.

La Duchesse (vivement et avec un peu d’embarras). — N’achevez pas. Ce que vous ajouteriez serait la satire de ma propre imprudence.

Le Chevalier. — Vous l’ordonnez…

Il se déshabille à la hâte. Quand il n’a plus qu’une chemise et un caleçon, il hésite. La duchesse en silence détache les boutons des manches et du col. Le chevalier se voit forcé de quitter sa chemise ; la duchesse en feu, le cœur palpitant, se repaît des formes délicieuses de ce corps, dont on peut se faire une idée si l’on connaît le groupe de Castor et Pollux des jardins de Versailles. Reste le caleçon.

La Duchesse (les yeux fixés sur la ceinture). — Eh bien ?

Le Chevalier (les doigts sur les boutons).

— Eh bien ? (Il observe avec une attention profonde les mouvements de la duchesse, qui ne lève cependant pas les yeux et paraît attendre obstinément.)

La Duchesse. — Eh bien donc ?

Le caleçon tombe et met en liberté le plus fougueux prisonnier ; celui-ci, par une heureuse direction, a l’air de défier… cet adversaire que recèle le peignoir.