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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/440

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LES APHRODITES


un masque ? Fringante n’a jamais eu l’honneur de vous voir ; mais si vous craignez que Trottignac ne vous reconnaisse…

La Comtesse. — Que m’importe ? pourvu que je ne les gêne pas quand ils me verront le nez sur eux…

La Durut. — Fringante et Trottignac ? Ils le feraient imperturbablement à la barbe des onze mille vierges.

La Comtesse. — Voilà comme j’aime qu’on soit.


Madame Durut a disparu. Fringante entre nue comme le visage. On peut se montrer, et même avec orgueil, quand on a tant de beautés et de fraîcheur. Son œil est en feu, son sein palpite ; elle s’élance avec grâce sur le lit, en jetant, du bout du doigt, un baiser familier à la comtesse qui a son petit nez en l’air passé dans l’embrasure. Trottignac, aussi nu, survient, ardent comme un taureau qu’on lâche dans l’arène à quelque combat d’animaux : il n’a fait qu’un saut de la porte au lit, et d’un seul coup de reins il s’est planté… En même temps, dans le cabinet, quelqu’un,