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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/429

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EH BIEN ! DE L’HÉROÏQUE.

La Durut. — Loin ! si je viens à vous offenser, songez que vous m’avez provoquée… Quatre mille ?

La Comtesse (appuyant sur les mots). — Quatre mille neuf cent cinquante-neuf, ma fille, depuis le jour de mon début jusqu’à celui-ci, tout autant.

La Durut (très-étonnée). — Quatre mille neuf cent cinquante-neuf !

La Comtesse. — Mais songe donc… en vingt ans !… Songe qu’une année est composée de trois cent soixante-cinq jours ! Je te parle donc à peine de deux cent soixante à quatre-vingts animaux porte-pine par an : ce n’est pas un par jour. Le total en impose d’abord : au détail, on voit que ce n’est rien.

La Durut (lui baisant la robe avec un respect badin). Quel rien, juste ciel !

La Comtesse. — Tu vas voir ; chaque classe est à part, écoute… (Elle ouvre son livre, qui ressemble à un Almanach de Gotha, doré sur tranches et qui a son étui). Princes, grands seigneurs, gens à cordons, prélats : deux cent soixante et douze, en vingt ans ! Cela, je crois, est assez modeste.

La Durut. — Il n’y a pas de quoi faire crier.