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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/412

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LES APHRODITES


et Widebrock s’étaient aussitôt liés ; avides de gros plaisirs, dès le troisième jour ils furent inséparables.

Certain soir que le baron était à peu près monté, et le comte gris (il fallait très-peu à celui-ci pour le déranger), on en vint aux confidences. Parmi ses bonnes fortunes, le fougueux baron cita la belle Wakifuth et fit d’elle un pompeux éloge ; mais tombant, par digression, à bras raccourci sur l’auteur des anciennes disgrâces de cette compatriote, dont il se trouvait être parent au cinquième degré, il s’anima, parla de l’infidèle fiancé dans les termes les plus insultants, et dit enfin que si jamais il le rencontrait, il lui donnerait cent coups de bâton, ses procédés ne le rendant pas digne qu’on le traitât avec plus d’égards. Le défaut du comte n’était pas, comme on sait, de manquer de courage : ces propos le mirent hors de lui. Furieux, il déclara que lui-même avait été le suborneur d’Eulalie, qu’il s’en repentait, mais qu’il craignait peu

    quartiers de chaque chef. En Allemagne, la moindre mésalliance rompt la chaîne de la noblesse, exclut du chapitre, de certains emplois, et parfois même de certaines amitiés.