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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/391

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EST-IL POSSIBLE ? POURQUOI NON ?


le jour tu t’en donnes parfois d’assez baroques.

Madame de Montchaud. — Que veux-tu ? c’est pour la faim alors ; mais dans mes illusions nocturnes c’est par sensualité.

Madame de Valcreux. — Que j’envie ton sort, trop heureuse Messaline ! Tandis que tu abuses ainsi, moi qui n’ai pas fait le quart de tes petites infamies, souvent, hélas ! je manque l’effet des plus agréables expériences. Ce n’est presque plus que dans la tête que j’ai du plaisir. Que ne sais-je où l’on peut s’adresser à ces diables bienfaisants dont l’un s’est glissé chez toi ! Ce ne serait pas une légion d’ennemis que j’appellerais pour le combattre, ce serait une cour que j’assemblerais pour lui rendre hommage. Un organe à moitié paralysé recouvrerait son exquise et précieuse sensibilité ; je n’aurais pas besoin d’appeler à mon secours les prestiges du caprice et de fixer, par l’affectation des moins naturelles complaisances, quelques adorateurs qui de moi désirent tout, excepté ce que de toute autre femme on désire le plus… Heureusement, du moins, je n’en suis pas encore au point

2.