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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/390

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LES APHRODITES


née à ce régime, je serais une femme enterrée dans six semaines. Mais avec ma petite douzaine, et ce précieux outil que madame Durut m’a vendu (un godemiché), je vivote.

Madame de Valcreux. — Voilà, par exemple, ce que je ne conçois pas. Comment ! après une douzaine de réalités par jour, avoir encore besoin d’un simulacre ?

Madame de Montchaud. — Oh ! comment ? Comment un Danois, un Hollandais, peuvent-ils ne pas laisser refroidir un seul moment leur pipe ? Tout est habitude. Aussitôt que je suis seule, ce divin godemiché va son petit train… (Elle le sort de sa poche et le baise avec tendresse.) Oui, précieux joujou, mon cher nécessaire, je quitterais plutôt mes yeux que de me séparer de toi ! (Elle le rempoche. À sa cousine.) La nuit, quand je suis seule, je le fourre… là… je m’endors à ses doux mouvements, et je suis sûre que ma main routinée les entretient machinalement pendant mon sommeil, car je ne rêve jamais que d’être vigoureusement fêtée, et toujours par des figures angéliques.

Madame de Valcreux. — En revanche,