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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/384

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LES APHRODITES


malheur (Elle sanglote.), le pauvre cher mari (Des larmes.)… je ne l’oublierai jamais…

Madame de Valcreux. — Fi, fi donc ! quel enfantillage ! Veuve depuis cinq mois, tu pleurailles encore ! Si quelqu’un te voyait, tu serais notée pour la vie… Allons, ce n’est pas de ton mari que je te parlais, c’est de ton confesseur et de la permission épiscopale…

Madame de Montchaud. — Le cher défunt enterré, je ne sus bientôt plus où donner de la tête : je sentis un diable s’agiter en moi. Les soins ineffables du R. P. Baudard faisaient à peine l’effet d’une goutte d’eau répandue sur un brasier ardent ; j’avais des convulsions ; j’étais, tout de bon, menacée de devenir folle, tellement qu’à la vue de quelque homme que ce fût on me voyait toute prête à lui faire violence. Le sensible directeur crut devoir en parler à notre prélat. Celui-ci, plein de religion, ne douta pas qu’il n’y eût du maléfice à mon incroyable état. Il voulut me voir ; mes convulsions m’ayant attaquée devant lui, sur l’heure il exorcisa, m’inonda d’eau bé-