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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/378

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LES APHRODITES

Madame de Montchaud[1]. — Oui, ma cousine, le mérite de cet homme fait grand bruit…

Madame de Valcreux[2]. — Cesse donc, mon cœur, de me traiter de cousine : cela sent la province à pleine gorge. Dis-moi mon amie, ou Rosette, comme l’on me nommait étant fille ; en un mot, tout ce que tu voudras : mais cousine, c’est d’un mauvais ton dont, au bout de six semaines de séjour à Paris, il est bien étonnant que tu ne te sois pas encore corrigée.

  1. Madame de Montchaud, vingt-quatre ans, ni grande, ni petite, d’ailleurs grosse et succulente dondon, aux cheveux châtain-blond, en énorme quantité ; cette dame commence à être un peu molle, mais ses traits ont beaucoup d’agrément. Elle a conservé quelque chose de béat dans le maintien : on saura pourquoi. Ses yeux, un peu petits, étincellent de luxure, son sourire est charmant. La main et le pied sont ce qu’elle a de mieux.
  2. Madame de Valcreux, d’un an plus jeune, cousine maternelle de l’autre, elle lui ressemble un peu ; mais madame de Valcreux est brune et plus ferme, sa physionomie a plus de caractère. Elle a aussi plus de couleur, la peau plus fine, et toute la blancheur que peut comporter le brun très-foncé des cheveux. La pauvre femme a un bien grand défaut : c’est d’être si vaste, si profonde ! cela fait pitié, et cependant on la verra se moquer de ses semblables ! On ne se connaît pas… Ces dames n’ont pu devenir qu’assistantes chez les Aphrodites : on saura ce que c’est.