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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/356

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LES APHRODITES


laissaient cependant pas d’observer que mesdames d’Aisevaux, de Curival, de Bigaîne, de Confessu, de Branval et de Beaurevers, soupçonnées d’être ambidextres, ne sortaient en effet jamais sans emmener à la fois deux cavaliers dont quelques-uns, tels que messieurs de Trichecon, de Cognebran, de Fauxconnier, d’Obergu, montraient la corde. C’est à travers de cette confusion que, par une maladroite éclipse, le comte de Vitbléreau, malgré ses quarante ans, compromit le jeune marquis de Fessange de manière à lui laisser une note indélébile.

La jolie madame de Condoux, par une précaution contraire, et quoiqu’on ne la vît ni danser ni disparaître, donna beaucoup à penser à ceux qui remarquaient que dans une loge du haut, en dehors de laquelle on la voyait se pencher beaucoup, elle recevait coup sur coup des visites de gens appelés auxquels elle ne disait pourtant qu’un mot lorsqu’ils entraient, et presque rien quand ils faisaient retraite. Ce manége, qui n’avait peut-être au plus d’incivil que les apparences, avait duré toute la nuit.