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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/354

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LES APHRODITES


est le règne. Au centre, une large table et quatre officieuses de plusieurs étages montent et descendent sans cesse, apportant tout ce que peut exiger le service, et remportant tout ce qui n’est plus utile… Aucun regard profane[1] ne souille ce banquet, image de ceux de l’Olympe… Eh ! les Aphrodites ne sont-ils pas des demi-dieux sur la terre ? Avoir la jeunesse, la beauté et les grâces, tous les dons que peut répandre la nature, et jouir de toutes les voluptés imaginables, n’est-ce pas exister surhumainement ?

À minuit on quitta la table. Alors, par huit issues on put se répandre de tous côtés dans de petites pièces très-éclairées, dont pour lors les dessous des loges étaient devenus les antichambres. Là, huit à huit, quatre à quatre, plus ou moins, on pouvait causer, batifoler ou jouer des jeux de

  1. Les douze enfants de chaque sexe qu’on sait être attachés à l’établissement étaient seuls employés au service, les filles fixées en dedans du fer à cheval, les garçons errants autour de la table. L’une, ou de madame Durut, ou de Célestine, ou de Fringante, tour à tour présidait aux fonctions : il y régnait un ordre admirable. Bien entendu qu’on soupait au bruit des instruments d’harmonie.