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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/345

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JEAN S’EN ALLA…


d’une folie qui n’aurait pas le sens commun. Vous savez…

Le Prince. — Oui, qu’il resterait bien encore, si vous vouliez, un peu de marge pour moi dans la destination d’un jour heureux.

La Baronne (avec bonté). — J’y consens, avec la condition que vous me permettrez de ne me mêler de rien : on m’a si fatiguée !

Le Prince (gaiement). — Ne vous mêler de rien ! je sais que c’est votre manière, mais personne ne s’en plaint. (Ils se baisent.)

La Baronne. — Fermez donc. (Tandis que le prince obéit, elle s’est pittoresquement établie sur l’ottomane. Le prince ne peut s’empêcher de sourire de cet excès de résignation.) Que voulez-vous, lui dit-elle, souriant à son tour, voilà comme je suis ! Viens, viens, mon joli prince ! (Il l’init.)

Bientôt le prince est étonné de trouver tant de justes proportions et tant de douceur à jouir d’une femme qui vient pourtant d’endurer des colosses. Il conçoit alors que la nature a de grandes ressources et fait des miracles en faveur de ses bien-