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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/341

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JEAN S’EN ALLA…


pris, trahit un reproche humiliant qu’il fait à la baronne, et la comparaison qu’il croit pouvoir faire, à son propre avantage, d’elle à lui.)

La Baronne (au comte). — Je te devine à ce nouveau trait ! je viens de te reconnaître, et tu viens de fermer encore mieux mon cœur à la pitié !…

Le Prince. — Calmez-vous, madame. Comte, je tremble, sur le point de vous donner un conseil.

Le Comte. — Parlez, prince ; quel qu’il soit, il sera moins cruel que l’arrêt qu’il me semble de mon devoir de prononcer contre moi-même après ce funeste éclaircissement… Mon prince, daignez parler.

Le Prince. — À votre place, je promettrais à madame de ne plus troubler son repos, je ferais avec elle une trêve et donnerais ma parole de ne plus reparaître… (Il consulte des yeux la baronne.)

La Baronne (durement). — Jamais !

Le Comte (au prince). — Vous l’entendez… est-elle assez inhumaine !

Le Prince (à la baronne). — L’arrêt est trop cruel : j’allais proposer un an ?… (Le comte attend en silence.)