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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/337

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JEAN S’EN ALLA…


intérêt à la passion d’un homme dont il ne peut plus estimer le caractère, a pourtant fait la guerre à l’œil. Il voit dans ce moment la baronne et le comte réunis ; il est curieux de savoir ce qui peut se passer entre eux, et, comme sans dessein, il entre en courant dans leur chambre.

Le Prince (feignant un grand étonnement). — Ah ! que de pardons ne dois-je pas vous demander ! (Il fait semblant de vouloir se retirer.)

La Baronne (quoiqu’elle ne connaisse le prince que de vue). — Non, non, monsieur, restez.

Le Comte (s’écriant). — Prince, je suis perdu ! Plus cruelle qu’une hyène, cette femme achevait de me déchirer le cœur !

La Baronne (avec tranquillité). — Point

    seul ami console de vingt ingrats, il sert, il oblige avec un zèle infatigable. Heureux avec beaucoup de femmes, jamais aucune n’eut à se plaindre de lui ; c’est compléter son éloge, dans un siècle affreux où la clique des hommes à bonnes fortunes semble exercer cette profession moins pour leur propre agrément que pour le supplice des malheureuses qui les ont bien traités. Sexe charmant, puissent les Furies, détruisant jusqu’au dernier de ces monstres, faire place enfin à des hommes dignes de toi, qui sachent cultiver, au lieu de l’abattre, ce bel arbre dont il est si doux de manger le fruit !