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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/336

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LES APHRODITES


LES MÊMES, LE COMTE.

Le Comte (ouvrant avec précipitation la porte du cabinet qui le cachait). — Ah ! c’en est trop, cruelle !…

Le sang-froid de la baronne est désespérant pour un homme passionné qui s’était promis que sa brusque apparition allait produire un grand coup de théâtre.

La Baronne. — Ah ! vous voilà, monsieur ! (Le comte, ne sachant plus ce qu’il doit faire, va s’appuyer la tête contre le mur et souffle comme un bœuf effaré.) Je suis charmée que vous m’ayez entendue, et que Célestine, d’ailleurs excellent avocat, se trouve exempte du pénible détail des invariables sentiments que j’ai pour vous.


LES MÊMES, LE PRINCE[1].

Celui-ci, qui ne prend, à la vérité, aucun

  1. Le prince, vingt-neuf ans. Cette fois la nature n’a point fait de quiproquo : c’est bien l’âme d’un prince qu’elle a placée dans une enveloppe du plus noble modèle. Edmond est à la fois brave, galant, affable et généreux. Plein d’esprit, il est peu jaloux de briller ; cependant il entraîne tous les suffrages. Persuadé qu’un