Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/335

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
153
JEAN S’EN ALLA…


qu’une manière d’être généreux à mon égard : c’est de renoncer à toutes vues sur moi.

Célestine. — Vous le haïssez mortellement ?

La Baronne. — Dès longtemps je ne lui fais plus cet honneur.

Célestine. — Mais si vous veniez à le voir ?

La Baronne. — Le ciel m’en préserve !

Célestine. — S’il vous avait déjà vue ?

La Baronne. — J’en serais bien fâchée.

Célestine (s’animant). — Si, par un de ces hasards singuliers qui tiennent du roman, le malheureux comte avait été témoin de ce qui vient de se passer dans l’enceinte ; si, malgré tant de disgrâces, plus brûlant, plus éperdu que jamais, il était prêt à mettre à vos pieds sa passion, sa fortune et sa vie ?

La Baronne (se levant). — Il mettrait le comble à mon mépris, à moins que je n’apprisse en même temps qu’il aurait fait retenir un logement à Bedlam[1], et que c’est l’objet réel de son prochain voyage d’Angleterre… Adieu… (Elle veut s’en aller).

  1. Maison où l’on enferme les fous à Londres.