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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/334

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LES APHRODITES


depuis bien longtemps, tout ce qu’il y a de plus étranger pour moi sur la terre.

Célestine. — Savez-vous qu’il est devenu puissamment riche ?

La Baronne. — Je sais de plus qu’il est devenu puissamment fou.

Célestine. — Mais s’il perd l’esprit, c’est d’amour pour vous, c’est de regret de…

La Baronne. — Je n’ignore aucun des détails de son extravagance. Il m’a réduite à le faire épier avec autant de soin qu’il en met lui-même à me poursuivre. Je le sais à Paris, et c’est pour qu’il ne puisse me déterrer enfin que je vais, dès demain, me mettre en pension ici pour tout le temps qu’il doit passer dans cette capitale avant d’aller en Angleterre, où je compte bien qu’il volera dès qu’un faux avis, tel que vingt fois je lui en ai fait donner, l’assurera que je vis à Londres.

Célestine. — Quelle rigueur ! Pourquoi fuir un homme contrit qui vous idolâtre, qui veut vous combler de biens ?

La Baronne. — Je jouis des seuls que je désire : l’aisance et la liberté. Schimpfreich me doit un unique bienfait, il n’a