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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/327

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JEAN S’EN ALLA…

La scène est dans une pièce de l’appartement de madame Durut.

Certains penseurs prétendent que l’amour est peut-être moins encore dans le cœur que dans la tête : il faut qu’ils aient à peu près raison, puisque le comte de Schimpfreich[1], cocu par sept rivaux, en sa présence, avait encore, malgré tant d’affronts, la fureur de vouloir se mettre incontinent aux pieds de madame de Wakifuth.

— Quoi ! disait le prince à cet étonnant mortel, vous n’êtes pas encore guéri ?

Le Comte. — Je suis plus malade qu’avant de l’avoir revue. Elle est devenue si belle !…

Le Prince. — Mais si Communicative !

Le Comte. Je ne lui avais supposé qu’un défaut.

Le Prince. — Ah ! oui, je m’en souviens : d’être froide. Il est très-vrai, mon cher

  1. C’est le nom de notre parieur-perdant. Le comte est un petit maigre, élégant blondin conservant un léger goût de terroir ; traits passables, mais qui ne composent point une physionomie. Quant au mérite essentiellement estimé chez les Aphrodites, on doit en supposer peu pourvu un homme qui croit difficilement à certain degré de talents, et choisit si mal quand il parie.
  II.
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