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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/29

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TANT PIS, TANT MIEUX.

La Duchesse (avec feu). — Oh ! je suis bien la très-humble servante de ses sentiments ; on ne me paye point avec cette monnaie. Je veux du plus solide. Il y a quelque chose là-dessous, ma bonne ; ceci m’a tout l’air d’un tour, et je le trouverais très-mauvais, je vous jure. (Elle a changé dix fois de place pendant cette conversation ; elle secoue sa badine avec plus que de l’humeur.) Vite, un de vos gens à cheval ; qu’on coure chez le comte ; qu’on y prenne langue ; si l’on ne peut me le trouver sur le champ, qu’il soit lancé tout le jour de place en place, autant qu’on pourra se mettre au fait de sa marche, et qu’enfin on me l’amène mort ou vif !

Madame Durut. — Charmante vivacité ! Qu’il est heureux, ce cher comte, d’exciter une aussi flatteuse inquiétude !

La Duchesse (brusquement). — Trêve aux flatteries ; je ne suis pas de la meilleure humeur… et…

Madame Durut. — La, la, madame la duchesse, épargnez-moi. Il est agréable de vous louer, mais on peut sans efforts vous

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