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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/288

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LES APHRODITES


couple, blanc : la comtesse de Troubouillant[1], le chevalier de Limefort[2] ; second couple, bleu de ciel : la vidame de Cognefort[3], le chevalier de Boutavant[4] ;

    de dire un mot à propos de ces personnages, qu’ils reparaîtront de temps en temps dans le cours de cette précieuse histoire.

  1. La comtesse de Troubouillant, vingt-trois ans, brune colorée, nez en l’air, œil brûlant, sourcil impérieux, bouche un peu grande mais étonnamment fraîche ; agréablement spirituelle ; formes rondes, dodues et fermes ; beaucoup de tétons et de cul ; le pied, la main, charmants ; une forêt de cheveux noirs et crépus : jugez du reste !
  2. Le chevalier de Limefort, trente et un ans, beau, grand, musculeux, pectoré ; chevalier de Malte ; traits romains, port noble, jambe à étudier pour un artiste. Limefort met peu du sien dans une société où l’on se pique de fine galanterie ou de bel esprit, mais il est si parfaitement l’homme qu’il faut au boudoir, qu’on lui pardonne, ou plutôt qu’on lui sait gré de n’être bon à rien hors de là. Il ne faut pas le confondre avec des parents du même nom, plus aimables, mais qui n’approchent pas, à beaucoup près, de son mérite. Huit pouces dix lignes ! (Entende qui pourra !)
  3. La vidame de Cognefort, vingt et un ans, beauté du diable, ni brune, ni blonde ; ni jolie, ni laide ; ni grande, ni petite. Yeux pers, belles dents. Grasseyement qui donne à cette femme l’air de niaiserie le plus trompeur ; luxure d’enfer. Talent de l’Opéra, santé tuante. On la connaît chez les Aphrodites sous le surnom de madame Encore. Elle est, au surplus, si bonne jouissance, que ses amoureux n’en ont jamais assez.
  4. Le chevalier de Boutavant, vingt-quatre ans, grand flandrin bien tourné, que le hasard de son heureuse conformation a mis à la mode. Cet homme est un