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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/285

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SEMER POUR RECUEILLIR.


leur de feu. Les musiciens sont costumés à peu près de même, excepté qu’au lieu d’écharpes ils ont aux hanches un tour fort ample et infiniment plissé d’écarlate bordé de franges d’argent ; cette cotille descend jusqu’aux genoux. Les brodequins sont d’entrelacs d’écarlate ; les bracelets, le collier, sont d’argent ; la toque est de batiste à calotte rouge ; les plumes sont mêlées de blanc, de noir et de couleur de feu. La musique est suivie de Belamour, aussi nu[1] ;

  1. Il n’a été que nommé ; mais comme il prend maintenant un rôle actif, son signalement devient nécessaire. Belamour achève sa seizième année. Quand la marquise l’a traité de brunet, elle n’a voulu parler que des cheveux et des sourcils, qui sont d’un noir d’ébène ; mais il a la peau d’une blancheur éblouissante. Grands yeux bruns, joli front, nez carré, bouche riante, dents blanches et courtes, des fossettes au menton et aux joues, les plus vives couleurs ; taille qui promet beaucoup, ensemble charmant, petit pied. Tant de perfections n’a rien d’étonnant quand on sait qu’il est le fruit du caprice d’une Jeune demoiselle, amateur de peinture, pour un de ses modèles. Belamour est cependant menacé d’avoir un jour quelque chose de monstrueux, puisque, si jeune, il est déjà porteur d’un gros boute-joie, long de cinq pouces dix lignes. Madame Durut ignorait parfaitement cette difformité, lorsque Loulou chassé, Belamour, ambitieux, et qui convoitait la survivance, vint décliner sa prétention et son titre. Mais madame Durut, qui pense bien, n’y eut point égard, trouvant le trait ingrat envers Célestine, quand celle-ci s’est donné tant de peine pour l’éducation de ce blanc-bec.