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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/254

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LES APHRODITES


semble un procès de mille louis, et parlez-moi comme à un ami : vous me paraissez digne d’en avoir.

Le Comte. — Je m’estimerais fort honoré d’en acquérir un aussi aimable que Votre Altesse.

Le Prince (avec intérêt). — Que vous est-il donc arrivé de si fatal ?

Le Comte. — D’avoir commis des fautes impardonnables, d’en être puni, depuis six ans, par des remords qui ne finiront sans doute qu’avec ma vie.

Le Prince. — Je meurs d’impatience d’être au fait.

Le Comte. — Ayant été tour à tour page et gentilhomme de la chambre de l’Électeur de *** jusqu’à l’âge de vingt ans, j’eus le bonheur d’intéresser la plus jeune des dames de l’Électrice. Eulalie, jolie comme un ange, atteignait à peine quinze ans ; elle me valait tout au moins par la naissance : il y avait d’ailleurs entre nous, quant aux biens, une grande disproportion. Le père d’Eulalie n’avait qu’un beau nom, des emplois à l’armée, des dignités et infiniment de mérite. Le mien possédait de