Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/237

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
55
AH ! LE BON BILLET.

La Marquise. — Qui présagent quoi ? Faut-il vous arracher les paroles de la bouche ? À moins d’écrire ce que vous dites, j’en pourrais perdre le fil…

Alfonse (fort agité). — Je l’ai perdu moi-même, madame… Du moins ayez pitié de moi ; daignez ne pas me dénoncer à madame Durut comme un téméraire, un insolent !

La Marquise. — Vous déraisonnez, mon ami. De quoi pourrais-je me plaindre ?

Alfonse (se levant). — Pardonnez-moi, madame, je sens que j’ai dit autant de bêtises que de mots ; mais n’allez pas croire au moins que j’aie pu penser… (La marquise se disposant à remettre elle-même sa tasse sur le plateau, il se hâte et veut la lui reprendre.)

La Marquise (s’opposant). — Laissez-moi faire ; je vous vois si troublé, je ne sais à propos de quoi, que vous seriez homme à tout casser.

Elle le dévore des yeux, et pose en même temps sa tasse avec précaution. Alfonse escamote sur le lit, avec une feinte maladresse, une lèche de pain grillé dans laquelle la marquise a mordu.