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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/234

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LES APHRODITES

Alfonse (feignant de l’embarras). — Pardonnez-moi, madame la marquise, j’apporte, avec votre chocolat, un mot de la part de la maîtresse.

La marquise, en recevant ce billet, ne peut s’empêcher d’examiner le porteur, de la tête aux pieds, avec une excessive attention. Il fait semblant de n’y pas prendre garde ; il approche du lit une chiffonnière à dessus de marbre ; il y établit son plateau, et tandis que la marquise lit, il fait mousser le chocolat. Le billet parcouru, la marquise se garde bien de laisser rien remarquer qui puisse trahir son émotion intérieure. Cependant elle n’est pas tout à fait maîtresse de ses regards captivés, qui ne peuvent se détourner d’une figure où, plus on la regarde, plus on découvre quelque chose d’attrayant. Elle a mille choses sur le bord des lèvres, mais elle n’ose en laisser échapper une seule, de peur de dire trop ;… elle éprouve un embarras aussi réel que celui d’Alfonse est bien imité. Cette femme sent que, réaliser avec le serviteur imprévu ce qu’elle projetait de ne faire qu’avec un marmot, ce serait aggraver considérable-