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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/222

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LES APHRODITES


et de sûreté qu’accompagnée de notre homme.

La Marquise. — Oh ! pour cela je n’en fais aucun doute.

Madame Durut. — Qu’est-ce donc qui vous chicane ?

La Marquise. — Son caractère trop ardent et trop délicat : ce fou va m’aimer.

Madame Durut. — Et vous ?

La Marquise. — Mais moi ?… Chacun a sa manière d’aimer, ma chère Durut. Je veux bien accorder à ton protégé toute ma confiance ; je lui serai vraiment obligée s’il daigne partager avec moi, comme le ferait mon frère, une aisance dont je ne puis faire un meilleur usage qu’en le comblant de bienfaits… Mais s’il allait souhaiter quelque préférence exclusive, se croire offensé de mes inévitables infidélités, perdre de vue que je suis Aphrodite, vouloir m’assujettir à son sentimentage, me reprocher des principes qui ne seraient pas les siens, une conduite qu’il a bien l’air de n’être pas homme à prendre pour modèle, s’il allait, en un mot, prétendre à l’ascendant, en usurper, peut-être ?