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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/220

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LES APHRODITES


prise et de bonheur, car à peine avait-il passé ses bras autour de moi, qu’il avait reconnu ma taille, dissimulée jusque-là par l’ampleur d’une chemise sans ceinture, et dès le premier de mes baisers :… “ Ah ! oui ! c’est bien elle ! „ Je l’entraîne au cabinet des bains ; il tremblait, il était suffoqué ; je le rassure par mille caresses, chacune lui fait retrouver quelque renseignement : bientôt il a tous ceux qui peuvent rendre sa conviction complète. Il reconnaît ces tétons orgueilleux, malgré leur petitesse ; cette motte ingrate qui dans les moments où les plus doux baisers l’électrisaient frappait brutalement et à coups redoublés le nez de son bienfaiteur ; il reconnaît le sentier brûlant et serré qui ramène son âme à la mienne ; à la douceur extatique de leur transfusion il reconnaît que c’est bien moi, et : “ C’est elle ! c’est elle ! „ répété sans cesse dans le délire de la félicité vaut pour mon amour-propre tout l’encens de mille académies. Ce n’est pas assez de lui prouver une seule fois qu’il a bien réellement retrouvé son invisible : je recommence toutes mes preuves, et ne sors de ses bras