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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/210

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LES APHRODITES


vous faire grand mal ! — Ce ne sera rien, monsieur. — Pardonnez-moi ; vous me paraissez saisie… voici de l’eau de Cologne. (J’en prends un peu pour ne pas déroger à ma feinte.) — Si madame pouvait gagner le banc de gazon que nous voyons à six pas ? ou si elle me permettait… (Il se met en devoir de m’enlever.) — Ne prenez pas cette peine, monsieur ; je me crois en état de marcher jusque-là. — Daignez du moins vous appuyer bien fort sur mon bras. „ Ce n’est qu’alors qu’il remet dans sa poche la fatale camarde… Je l’empoigne, lui boitant tout bas ; j’ai l’air de me traîner ; nous arrivons au banc propice… Assise et mon pied touchant la terre, je marque l’effet d’un étonnement douloureux. “ Mon Dieu, madame, je crains que cette entorse ne soit sérieuse ! vous souffrez considérablement ? — Un peu de repos me soulagera sans doute,… je vous prie seulement, monsieur… Auriez-vous bien la complaisance de me dire naturellement si ma cheville n’enfle point ?… „ Il se précipite, je n’étais point fâchée de lui faire admirer un pied qui, sans vanité, jouit de quelque réputation de finesse et de tour-