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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/209

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EH BIEN ! JE RESTE.

La Marquise. — Tu vas être étonnée des difficultés que j’ai trouvées à conduire mon homme jusque-là. Tu t’étais aperçue, et même scandalisée, du peu d’attention que ton protégé avait fait à moi, lorsque, se promenant avec toi dans les bosquets anglais, je vous avais croisés plusieurs fois sans qu’il me fût accordé plus qu’une distraite révérence ?

Madame Durut. — Cette indifférence (sacrifice fort inutile et fort sot à ce vilain portrait) m’avait chassée. Je conviens d’avoir planté là notre homme avec humeur.

La Marquise. — Eh bien ! quand il s’est trouvé seul, son admiration pour la camarde n’a plus eu de bornes. Je l’ai croisé encore deux fois presque en le touchant. Il avait l’air gêné de me sentir si près de lui. Cependant, à moins de faire volte-face, il ne pouvait m’éviter. Lasse de voir qu’il me comptait pour si peu de chose, et voulant qu’il m’abordât, je le passe tout de suite, je fais un faux pas ; un petit cri vif m’échappe en même temps. “ Ah ! madame (dit-il, se retournant avec intérêt), vous venez de