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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/206

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LES APHRODITES

Madame Durut. — Je suis au désespoir de m’être fait attendre. Comment madame la marquise a-t-elle reposé ?

La Marquise. — Tout au mieux. Mais où étiez-vous donc hier au soir ? Je vous ai fait demander à cor et à cri.

Madame Durut. — Je m’étais dérobée pour vaquer sans contre-temps à des occupations dont je ne voulais me rapporter qu’à moi seule. Je ne prévoyais pas le bonheur de vous être de quelque utilité. Du moins je me flatte qu’on m’aura suppléée ?

La Marquise. — Sans doute : on n’est pas plus attentif, plus exact que tout le monde de votre maison ; cet ordre admirable vous fait infiniment honneur, ma chère Durut. J’aurais été cependant bien aise de vous dire un mot quand Limecœur s’est retiré ; je craignais de ne pas m’endormir tout de suite ; je m’effrayais de n’avoir personne avec qui causer.

Madame Durut. — Causer !… Il y avait d’autres moyens d’attendre le sommeil, et même de l’inviter…

La Marquise (minaudant). — Quelle folie !… après ce qui s’était passé tout le