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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/203

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ELLE A BIEN FAIT.


le perturbateur reporté dans son hôtel garni[1] !

Célestine. — Cela est d’une sagesse qui me charme ; mais pour le payement ?

Madame Durut. — J’ai touché d’avance, et il y aura même quelques louis à remettre à ses hôtes, contre un reçu. Mais la marquise et Limecœur, que sont-ils devenus ?

Célestine. — Elle a passé la nuit ici. Quant à lui, vers minuit, il est parti, jubilant, pour Paris. Je ne sais point encore

  1. Madame Durut avait pour son compte, au delà des jardins, un pavillon où elle tenait quelques pensionnaires. C’était à Paris que se faisaient les arrangements. On était transporté, de nuit, dans une voiture sans glaces et scrupuleusement fermée, où l’air était renouvelé par un ventilateur. Arrivé, on se trouvait dans un lieu fort agréable, mais d’où l’on ne découvrait ni Paris ni le moindre village. Le pensionnaire jouissait là de tout ce qu’on peut souhaiter au monde, excepté de la liberté. Il payait, comme on le voit, par jour, à proportion de ce qu’il pouvait avoir exigé lors de sa convention. Dés qu’il voulait retourner, on le renvoyait avec les mêmes précautions. On usait des narcotiques dans le cas d’une retraite involontaire. Sur ce pied, le baron, d’ailleurs amené dans un moment d’ivresse, devait se retrouver à Paris chez lui, sans qu’il lui fût possible de savoir par quel chemin il y aurait moyen de revenir à la pension fortunée. Il était seul pour lors ; la chanoinesse avec laquelle il en avait décousu la veille n’était qu’une promeneuse aspirante, mais non encore Aphrodite.