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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/200

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LES APHRODITES

Célestine. — Ma régence n’a pas été sans orage. Tu sais que la marquise prévoyante, et qui d’abord n’avait pas auguré grand’chose de son Limecœur, avait ordonné qu’à tout hasard on montât le baron[1] !

Madame Durut. — Eh bien ?

Célestine. — Quand il a été à son point, ne se voyant pas employé, ce braillard s’est mis à faire un train de diable.

Madame Durut. — Il y avait justice.

Célestine. — Je n’avais pas prévu ce caprice de la marquise de s’accrocher à son céladon. Au lieu de lui donner du frais, je n’avais que du courant à fournir au maudit baron. Il s’était lâché dans le jardin, galopait en rut après tout ce qui pouvait avoir figure humaine. J’allai pour savoir quelle composition il serait possible de faire avec lui ; mais point du tout : du plus loin qu’il me voit, il fait volte-face et, le vit en arrêt, il me court sus, de l’air d’un homme qui n’écoutera pas la raison. J’ai peur, je l’évite, mettant entre nous deux la grande

  1. Voyez page 126, second numéro.