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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/20

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LES APHRODITES

Le Chevalier. — Je suis venu tout exprès, maman, pour me faire redire que tu m’aimes toujours un peu.

Madame Durut. — Un peu, petit ingrat ! Que ne peut-on, sans se donner un complet ridicule, te prouver à quel point on t’aimerait encore ? Mais parlons d’autre chose !

Le Chevalier (avec feu). — Non, non, chère Agathe !

Madame Durut (lui serrant la main). — Bon cela, tu viens de me rajeunir de dix ans en me donnant mon nom de fille. (Elle soupire.) Ah ! le bon temps, mon cœur !

Le Chevalier[1]. — Je vais te le rappeler mieux. (Il la renverse en même temps sur un meuble propice et la trousse, mettant lui-même en évidence le plus séduisant boute-joie.)

Madame Durut (à la vue de cet objet). — Bonté divine ! que vois-je là ? Mais, mais, mon bel ange, voilà de quoi… Un moment, laisse-moi le contempler à mon aise… Je ne

  1. Messieurs les roués pourront se moquer de cet attendrissement de la part d’un agréable de vingt ans ; mais patience, on verra qu’un bienfait (comme dit la vieille chanson) fait toujours un bon effet.