Ouvrir le menu principal

Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/197

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
15
ELLE A BIEN FAIT.

Madame Durut. — Voilà bien le raisonnement d’un enfant de la capitale du Badaudais.

Célestine. — À la bonne heure, mais point de digression ; ton histoire est assez intéressante pour qu’elle puisse se passer d’ornements étrangers… Achève…

Madame Durut. — Le reste n’en vaut plus la peine. Je ne sais comment j’avais fait, moi qui puis boire comme un Suisse, je me trouvai grise : le fichu clystère achevait de me barbouiller. Je n’ai pas la force de quitter cette chambre ; Pétronille vient me déshabiller. Je me couche tout bonnement avec l’ami Trottignac. Je ne sais ce qu’il a pu me faire tandis que je dormais, mais j’ai du moins connaissance de trois bons petits coups fourbis dans les draps, et, foi d’honnête femme ! vers six heures, j’ai fait sortir de table ce galant homme encore avec la faim[1].

  1. C’est ici l’occasion de faire observer à quel degré madame Durut a su établir l’ordre et le secret dans l’hospice des Aphrodites. Plusieurs domestiques, employés tant au souper qu’à la toilette, savaient fort bien qu’elle était en ribote. Ils ont entendu murmurer, conjecturer, aucun n’a dit un mot, pas même à Céles-