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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/194

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LES APHRODITES


moi, qui suis en fonds, je ne lui fais pas attendre la monnaie de sa pièce.

Célestine. — En voilà quatre, de bon compte !

Madame Durut. — Tout autant. Nous respirons. Je n’avais pas soupé. Il n’en fallait pas tant pour me donner de l’appétit. Je sonne, je fais mettre un gigot, un fricandeau, avec cette grosse moitié de pâté que tu sais et un panier de six bouteilles assorties. Nous nous campons bravement tout cela sur l’estomac.

Célestine. — Tout ?

Madame Durut. — Il n’en est, parbleu ! resté miette ni goutte.

Célestine. — Il y avait de quoi crever.

Madame Durut. — Je ne m’en suis pas sentie. Voilà comme je suis ; c’est de la même bagatelle, je n’en fais pas débauche, je sais même m’en passer, mais si je me débride une fois… ah ! dame, ce n’est pas pour peu ! Et puis, jamais le petit mot pour rire ; je crois, par exemple, que Trottignac n’a pas inventé la poudre ; du moins, s’il a de l’esprit, ce n’est pas à table qu’il peut en faire preuve : toute son âme est alors