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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/186

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LES APHRODITES


permis de te chanter pouille ? Comment ! une maîtresse de maison, le chef d’un sévère établissement faire l’école buissonnière, disparaître, se rendre invisible pendant quatorze heures, que dis-je ? nous alarmer tous, car les conjectures n’avaient plus de bornes : chacun raisonnait de ton éclipse à sa guise ! C’est quelque malheur arrivé à ses affaires de Paris qui l’aura fait partir secrètement, disait l’un. Pourvu que ce ne soit pas cet endroit-ci lui-même qui soit menacé, disait un autre, et que notre dame, qui connaît le danger, n’ait point commencé la première à s’y soustraire ! Je ne finirais pas si je te rapportais tout ce qui s’est dit. Ce que nous avons ici de gens à toute épreuve venaient tour à tour me rendre compte de cette fermentation. Pendant ce temps, moi, qui n’étais pas sans embarras… Mais t’es-tu rendormie ?

Madame Durut. — J’écoute.

Célestine. — Et tu me laisses parler sans répliquer un seul mot.

Madame Durut. — Qu’ai-je à dire à tout cela, moi ? Les sots sont faits pour déraisonner et les gens de bon sens pour en rire.