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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/18

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LES APHRODITES


déjà sur la porte et ouvrant ses bras avec une surprise mêlée de plaisir). — Jour de Dieu ! qui s’y serait attendu ? Te voilà donc de retour, mon beau bijou ? Est-ce bien toi, mon fils ? (Ils se sont joints et s’embrassent avec la plus vive amitié.)

Le Chevalier. — Oui, maman, arrivé d’hier soir, et bien pressé de vous revoir !

Madame Durut. — Ah ! point de vous, je t’en prie. Comme le voilà grand et beau, ce cher enfant ! (Le prenant par la main.) Viens, viens, mon toutou ! (Elle lui fait traverser la cour et le conduit à un pavillon du meilleur style.) Sais-tu bien qu’il y a quatre mortelles années que je n’ai vu mon cher Alfonse ni reçu de lui la moindre nouvelle !

Le Chevalier. — Tout autant, je l’avoue, mais il n’y a pas eu de ma faute, je te le jure. (Il s’est interrompu, frappé de l’élégance et du bon goût d’un appartement qu’on lui fait traverser pour l’amener enfin à un délicieux boudoir.) Mais, dis-moi, ma bonne, as-tu fait fortune depuis mon départ ? Ce séjour diffère étrangement du modeste hôtel garni que tu tenais il y a quatre ans.